INTERVIEW DU 15.09.2005 par ALEX (Traduction par Alex et Thomas NLV)

 

NUKEMICHI : Salut Nic, comment vas-tu ? Premièrement excuse moi pour mon très mauvais anglais ok ?

 

NIC : Salut Alex, je vais bien, excuse moi aussi pour mon mauvais anglais, il n’y a pas de problème, ne t’inquiète pas.

 

NUKEMICHI : Peux-tu nous présenter ton groupe en quelques mots ? C’est une question traditionnelle mais je pense que c’est une bonne manière de commencer. Quand Raein est-il né ? Quels ont été vos premiers buts ? Dis nous comment tu as rencontré les membres du groupe.

 

NIC : Je crois que nous avons commencé à jouer ensemble il a 4 ans maintenant, et tout au début il n’y avait que moi et Andréa le chanteur. Nous voulions faire une groupe et nous savions que Michele avait commencé à jouer de la batterie (nous étions dans la même école). D’autres amis à nous se sont mis aux guitares, et nous avons alors commencé tranquillement. Nous n’avions pas encore idée de ce que nous allions faire mais nous jouions pour nous amuser, nous n’avions aucun but. Ce groupe n’était pas encore Raein. Quelques mois plus tard, Alessio a intégré le groupe parce que le premier guitariste était parti, nous avons ensuite connu Marco, et tous ensemble nous avons alors commencé Raein. C’était, et c’est encore, une occasion de passer du temps avec des potes, de partager des choses. La musique n’est qu’un outil.

 

NUKEMICHI : On vous a sûrement posé la question plus d’une fois, mais que signifie le mot « Raein » ?

 

NIC : Il ne veut rien dire en lui-même. C’est juste le mélange entre « Rain » (la pluie) et « Rein » qui  vient de l’expression populaire « Give a free rein… » (Donner libre cours). Nous aimons les double sens, et nous avons choisi de créer notre propre mot. Ce n’est pas compliqué !

 

 

 

 

NUKEMICHI : Votre premier disque est sorti en 2002, qu’est-ce que vous en pensez maintenant, quelques années et quelques disques plus tard ?

 

NIC : J’ai de bons souvenirs de cette période, c’était le premier enregistrement pour tout le monde dans le groupe et on ne savait pas réellement comment procéder, c’est pour cela que ça sonne si mal (rires) Peu importe, je pense que ces chansons sont très vieilles dans l’histoire de Raein et nous ne jouons plus ce genre de trucs à présent. Mais il y a quand même de bonnes choses dans ce disque. Personnellement j’aime beaucoup la chanson numéro 2 et je pense que nous allons avoir l’opportunité de l’enregistrer à nouveau avec des parties différentes (« Deadly Kisses ») sur le prochain disque. Lars de React With Protest nous a dit que cette chanson était une de ses préférées et qu’elle mériterait un meilleur enregistrement, je pense qu’il a raison. Nous verrons par la suite.

 

NUKEMICHI : « Il N’Y A Pas De Orchestre » semble être le disque qui a fait connaître et apprécier Raein. Est-ce votre travail le plus important et pourquoi ?

 

NIC : C’est probablement le disque que les gens ont le plus apprécié mais je ne dirai pas qu’il s’agit de notre travail le plus important. Je veux dire que chaque chose a été faite parce que nous voulions qu’elle soit faite. Et que chaque petite chose avait une immense importance pour moi. Il y avait tellement de bons sentiments et tellement de bons amis autour de ce disque que je ne peux pas en citer un en particulier. Bien sur « Il N’Y A Pas De Orchestre » était une sorte de base, et sans lui nous n’aurions pas eu l’opportunité de réaliser le nouveau disque. Dans ces termes il est le plus important.

 

NUKEMICHI : Raein joue de l’emoviolence, ce genre de musique est parfois assez répétitif, beaucoup de groupes sonnent comme des copies d’Orchid ou d’Uranus. Comment s’y prend Raein pour être réellement inventif ? Quelle est votre recette ?

 

Je ne sais pas si nous sommes inventifs (rires). Nous le faisons sans le contrôler, nous jouons juste ce que nous aimons jouer et on se fout de savoir si on sonne comme Orchid ou pas.

 

 

 

 

NUKEMICHI : Entre « Il N’Y A Pas De Orchestre » et votre split avec Daïtro, on peut remarquer que sur ce dernier vous accordez beaucoup plus d’importance aux mélodies. Quelles ont été vos influences ? Est-ce que Raein se sent influencé par des groupes Français ?

 

NIC : C’est vrai, il y a beaucoup plus de mélodies dans nos nouvelles chansons mais comme je te le disais tout à l’heure, ce sont des choses que nous ne planifions pas. On compose nos titres et ce n’est qu’après coup qu’on constate la différence avec les anciens. Je pense que nos compositions sont en quelque sorte le reflet de nos évolutions à chacun sur le plan personnel. J’aime cette idée que nos chansons mûrissent en même temps que nous. Il serait vraiment cool qu’elles deviennent une sorte de miroir de nous-même à travers les années.

J’apprécie énormément de groupes Français,  mais il y en a certain dont je suis profondément amoureux, je pense notamment à Daïtro, Mihai Edrisch, Amanda Woodward, Gantz,  Alcatraz, Anomie et tellement d’autres encore. J’ai toujours été attiré par l’emo Français. C’est passionné, parfois dépressif, ça influe certainement en bien sur Raein.

 

NUKEMICHI : J’ai entendu dire que vous revenez d’une tournée au Royaume Uni avec Louise Cyphre. Peux-tu nous raconter un peu comment ça c’est passé ? Les gens que vous avez rencontré, les endroits où vous avez joué…

 

NIC : Oh, ce n’est pas compliqué à expliquer, c’était juste PARFAIT ! Parfois les rêves deviennent réalité, cela faisait tellement de temps que j’avais envie de tourner avec nos amis de Louise Cyphre et ça s’est fait !! Nous étions potes depuis très longtemps et je pense que cette tournée a été le commencement de très bonnes choses pour la suite…

Le Royaume Uni est vraiment un chouette pays, les paysages y sont incroyables mais c’est aussi un endroit génial pour tourner. Les gens y sont amicaux et tu peux être certain de t’y éclater à fond !

 Il y aurait une liste sans fin des gens à remercier pour cette tournée mais je pense que ça en deviendrait chiant à force (rires) Je tenais juste à remercier Steven, le boss de la tournée et Daniel, mon frangin qui a bien voulu nous conduire. Je t’aime.

 

NUKEMICHI : Le public anglais se sent-il concerné par votre musique et vos paroles ?

 

NIC : Je pense et j’espère que les gens se sont autant éclatés à nous voir que nous nous sommes amusés à jouer ! Nous avons eu énormément d’émotions lors de cette tournée et j’espère que les gens présents aux concerts les ont ressenti également.

 

NUKEMICHI : Si je te demande de me raconter ton meilleur souvenir de cette tournée…

 

NIC : Question difficile…j’ai des souvenirs plein la tête ! Si je devais n’en choisir qu’un, je te parlerai probablement de la soirée qu’on a passé à Edinburgh. Le concert a été tellement intense !! Nos amis de Catena Collapse étaient là et tout le crew Suédois aussi. C’était exactement comme l’année dernière durant notre tournée en Scandinavie, nous avons passé la soirée tous ensemble et c’était vraiment incroyable ! 

 

NUKEMICHI : Il y a quelques mois tu m'as dit que tu comptais monter un nouveau groupe avec des membres de Louis Cyphre...Est-ce que tu pourrais m'en dire un peu plus? Est-ce toujours d'actualité?

 

NIC : Cela ne s'est pas fait. Sven a fait des études en Italie (pas loin d'ou je vis) via le programme d'échange Erasmus, et nous pensions à commencer à jouer ensemble, mais finalement ça n'est pas arrivé. Nous nous sommes rencontrés comme ça pour traîner ensemble, mais il était presque impossible de commencer un groupe… j'espère que cela arrivera un jour.

 

NUKEMICHI : Vous avez tourné au Japon l'année dernière, peux tu m'en dire plus sur votre rencontre avec Lhasa? Ne penses tu pas que le public Japonais s'amuse plus que les Européens aux concerts?

 

NIC : C'était une très bonne rencontre. Cela peut sonner emphatique parce que je répète toujours les mêmes superlatifs a propos des gens et des groupes que nous rencontrons (rires), mais c'est la seule chose que je puisse dire. C'est simplement la vérité, ce sont vraiment des types supers. Aussitôt, il y a eu une sorte de connexion, je ne peux pas l'expliquer juste avec des mots.

C'est quelque chose que tu ressens et tu sais que les gens autour de toi le ressentent aussi. c'est peut-être le fait de comprendre que tu vis quelque chose d'énorme et de merveilleux comme le début d'une amitié.

Je ne sais pas si les japonais s'amusent plus que les européens aux concerts. Je sais qu'ils sont un peu timides au début, mais que si tu sais briser la glace, le concert sera bien marrant a coup sur. Je crois que les Européens s'amusent aussi aux concerts...Peut-être que les Italiens le sont un peu moins.

 

 

 

NUKEMICHI : En dehors du groupe, es-tu impliqué dans d’autres activités plus ou moins en rapport avec la musique? La politique ou d'autres groupes par exemple?

 

NIC : Je pense que la meilleure façon de faire de la politique, c'est dans ce que tu fais tous les jours. Notre comportement, la façon dont nous agissons, ce que nous choisissons ou non est un choix politique. Ce que nous choisissons de manger, d'acheter ou de porter sont des choix politiques. Je pense que la société essaye de nous soumettre au travers du système capitaliste. La société essaye de nous diriger dans l'indifférence et l'ignorance, le but est que nous ne réfléchissions pas, juste que nous consommions sans penser aux conséquences. J'ai l'impression que le capitalisme essaye d'élever une population faite de gens égoïstes trop occupé a penser a eux même pour se rendre compte que ce système va droit dans le mur et que plus personne n'en a le contrôle.

Je ne sais pas si j'ai répondu a ta question, je peux seulement dire que l'activité dans laquelle je suis impliqué consiste juste à être chaque jour un peu plus cohérent avec moi même et mes idées et de ne jamais oublier de penser/réfléchir.

 

NUKEMICHI : Peut-on dire que Raein est un groupe engagé politiquement? Quelles valeurs défendez vous?

 

NIC : Pour ma part, je pense que Raein est un groupe engagé politiquement. C'est une question de prise de position. Nous voulons faire les choses à notre manière, nous suivons les règles que NOUS avons choisies, et faisons les choses avec les gens avec qui nous le souhaitons. Etre engagé politiquement, dans un groupe de punk, c'est une affaire de conscience? C'est comprendre que nous pouvons faire bouger les choses et qu’à chacun de nos actes correspond une réaction.

En ce qui concerne les valeurs que nous défendons, j'aimerais parler d'une compilation à laquelle nous avons participé avec d'autres groupes de notre ville. Les bénéfices iront en faveur d'actions contre une usine qui élève des chiens pour la vivisection. Pour ceux qui lisent l'Italien, vous pouvez aller voir sur www.chiuderemorini.net (heureusement il ya aussi un lien pour une version en anglais). Nous nous sentons très concernés à ce sujet, donc si ça intéresse quelqu'un, contactez nous à l'adresse de Raein. Le collectif qui a commencé cette compilation a un stand d'informations sur des tas de sujets intéressants (Je crois qu'ils commencent à les traduire en anglais aussi). Ne cessez jamais de vous informez et de réfléchir s'il vous plait.

 

 

 

NUKEMICHI : Avec Internet, beaucoup de gens peuvent facilement télécharger votre musique, quel est votre avis à ce sujet ?

Est ce que vous encouragez les gens à télécharger la musique de Raein ou au contraire, est-ce que vous vous battez contre ce phénomène?

 

NIC : Pas de copyright. Le punk c'est avant tout la communication. Communiquons le plus possible, donc téléchargez tout ce que vous voulez (à part peut être les disques dont les bénéfices vont à des projets d'actions ahaha)

 

NUKEMICHI : Quel est votre opinion sur la scène Hardcore Italienne, en comparaison avec celles du reste de l'Europe, des USA ou de l'Asie?

 

NIC : Je pense que nous avons plutôt une bonne scène en Italie; il y a de bons groupes et de bons endroits pour les faire jouer. Je ne suis pas tellement au courant de la façon dont cela se passe aux USA ou en Asie (j’ai juste été au Japon, et je pense que c'est différent mais vraiment bien aussi...Je veux dire qu’il n'y a pas de squats ou d'autres lieux de ce genre, mais les kids participent beaucoup).

 

 

NUKEMICHI : Est-ce que je me trompe si je dis que Raein semble inspiré par le cinéma, et particulièrement par les films de David Lynch ? Pourquoi avoir choisi le titre en français "Il N'Y A Pas De Orchestre ?"

 

NIC : Nous sommes tous les 5 mordus de cinéma et nous y allons souvent. Nous avons tous aimé "Mulholland drive" de Lynch notamment la partie dans le théâtre et on a décidé de la mettre dans le disque. Je ne sais pas vraiment pourquoi on a choisi la version française...peut-être parce que c'est en français que cette phrase est dite pour la première fois dans le film...je ne me souviens plus. (rire)

 

 

NUKEMICHI : Nic, tu m'as dis il y a quelque mois que tu étais Straight Edge, quelles sont tes convictions et tes idées? Tu ne penses pas que beaucoup de jeunes se réclament SxE juste par effet de mode?

               

NIC : Pour moi être straight edge, c'est encore un autre acte politique de la vie de tous les jours. C'est un choix personnel et j'aimerais que les gens le respectent tout comme les straight edgers devraient respecter n'importe qui d'autre.

Ceux qui le sont par mode abandonneront en moins d'un an j'espère. Pour moi, c’est quelque chose de très important et il n'y a aucun rapport entre être Straight Edge et la mode.

 

 

 

NUKEMICHI : A quoi pouvons nous nous attendre pour les prochaines sorties de Raein? De nouvelles influences?

 

NIC : Je ne sais pas. Je suis très excité par les nouvelles compositions, très complexes et dépressives. J'espère que cela sonnera bien mais nous travaillons toujours sur les nouvelles chansons, donc personne ne sait comment ça va évoluer...

 

NUKEMICHI : Un dernier mot pour les lecteurs?

 

Merci de nous avoir consacré un peu de temps et pour cette interview. N'hésitez pas à nous écrire à raein@libero.it

 

NUKEMICHI : Merci beaucoup à toi Nic, bonne continuation et bon courage pour ton histoire d’amour avec Audrey Tautou !

 

 

SITE OFFICIEL : www.raein.it

 

 

RETOUR A LA RUBRIQUE WORDZ